Les tempêtes tendent à réduire le puits océanique de CO2


L’océan absorbe un quart des émissions anthropiques de CO2, ce qui correspond à 2,9 gigatonnes de carbone anthropique par an entre 2014 et 2023. Il joue ainsi un rôle majeur dans le cycle global du carbone. Cependant, derrière cette valeur moyenne, se cache une fourchette de plus de 1 gigatonne de carbone anthropique par an entre les estimations les plus basses et les plus élevées. Ces estimations sont faites selon deux familles d’approches complémentaires : une première basée sur des mesures dans l’océan global et une seconde issue de modèles de biogéochimie marine couplés à des modèles de circulation océanique. La première famille donne des estimations de puits de CO2 supérieures de 0,5 gigatonnes de carbone par an par rapport aux résultats de modèles de biogéochimie marine.

Les mesures in situ sont rares et distribuées de manières hétérogènes à la surface du globe. Les estimations de l’absorption de CO2 par l’océan basées sur des observations reposent donc généralement sur des moyennes mensuelles (à l’exception de la vitesse du vent). Cela signifie que, contrairement aux modèles, elles ne capturent pas les effets d’événements de plus courtes durées comme les tempêtes.

 

À gauche. (a) Puits océanique de CO2 global (entre 60° N et 60° S), calculé à partir de données mensuelles (Sref, ligne rouge) ou en prenant en compte les variations sub-mensuelles (Sh, ligne verte). Sont aussi représentés les puits océaniques globaux de deux familles de diagnostics du Global Carbon Budget 2024 : les diagnostics basés sur des produits de données (lignes fines orange) et leur moyenne (ligne orange en pointillés épais), ainsi que les diagnostics basés sur l'utilisation de modèles d'océan et de biogéochimie marine (lignes fines bleues) et de leur moyenne (ligne bleue en pointillés épais). À droite. Cartes correspondant à la moyenne sur la période 2009-2018 (b) du flux de référence de CO2 air-mer calculé à partir de données mensuelles et (c) de la différence moyenne de flux de CO2 dues aux variations sub-mensuelles des variables servant à calculer le flux de CO2 (les valeurs positives indiquent un dégazage moindre ou une absorption plus importante). D. R.

À gauche. (a) Puits océanique de CO2 global (entre 60° N et 60° S), calculé à partir de données mensuelles (Sref, ligne rouge) ou en prenant en compte les variations sub-mensuelles (Sh, ligne verte). Sont aussi représentés les puits océaniques globaux de deux familles de diagnostics du Global Carbon Budget 2024 : les diagnostics basés sur des produits de données (lignes fines orange) et leur moyenne (ligne orange en pointillés épais), ainsi que les diagnostics basés sur l’utilisation de modèles d’océan et de biogéochimie marine (lignes fines bleues) et de leur moyenne (ligne bleue en pointillés épais).
À droite. Cartes correspondant à la moyenne sur la période 2009-2018 (b) du flux de référence de CO2 air-mer calculé à partir de données mensuelles et (c) de la différence moyenne de flux de CO2 dues aux variations sub-mensuelles des variables servant à calculer le flux de CO2 (les valeurs positives indiquent un dégazage moindre ou une absorption plus importante). D. R.

 

Dombret et al. (2026) révèle que la variabilité atmosphérique à court terme, intra-mensuelle, doit être prise en compte dans les estimations de l’absorption de carbone par l’océan fondées sur les observations. En particulier, les tempêtes des moyennes latitudes (environ 45° Nord et Sud) correspondent à une diminution de la pression atmosphérique (et donc de la pression partielle de CO2) et une augmentation des vents. Cela mène à une diminution de l’absorption globale de CO2 par l’océan de 0,12 gigatonne de carbone par an. La prise en compte de l’évolution conjointe de la pression et du vent lors des tempêtes permet ainsi de réduire d’environ 25 % la différence moyenne entre les deux familles d’estimations et donc de réduire d’autant l’incertitude pesant sur le puits océanique global de carbone.

 

Pour en savoir plus

Référence
Data-based estimates of ocean carbon uptake biased high from neglect of submonthly atmospheric pressure variability. Dombret, J., Bellenger, H., Perrot, X., Parc, L., Kwiatkowski, L., Chevallier, F., Bopp, L., Gehlen, M., Séférian, R., Berthet, S., and Orr, J. C. Biogeosciences, 23, 4133–4143, https://doi.org/10.5194/bg-23-4133-2026, 2026.

Contacts
Hugo Bellenger, LMD •
Jeanne Dombret
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Hugo Bellenger Jeanne Dombret


Laboratoire de météorologie dynamique - LMD-IPSL