L’éclipse solaire du 12 août 2026


Une éclipse solaire sera visible mercredi 12 août au-dessus de l’Atlantique Nord et d’une large partie de l’Europe occidentale. Depuis la France, le phénomène sera partiel, mais le Soleil sera occulté à 99,5 % à Biarritz. Les secrets d’un phénomène qui fascine depuis des siècles, avec Mustapha Meftah, astrophysicien au LATMOS-IPSL.

Le mercredi 12 août 2026, la Lune s’interposera entre la Terre et le Soleil, donnant lieu à une éclipse solaire. Elle sera principalement visible au-dessus de l’Atlantique Nord, du Groenland au Portugal, mais pourra également être observée partiellement depuis certaines régions françaises, entre 19h10 et 21h30.

« L’endroit où l’éclipse sera la plus marquée en France se situe vers Biarritz, dans le Sud-Ouest », explique Mustapha Meftah, astrophysicien au Laboratoire Atmosphères et Observations Spatiales (LATMOS-IPSL) et professeur à l’Université de Saint-Quentin en Yvelines, spécialisé en physique solaire, en instrumentation spatiale et en missions satellitaires.

Figure 1: Présentation de Mustapha Meftah, 2026.

 

Quand le silence s’installe

L’éclipse solaire est un phénomène qui fascine depuis des siècles, bien au-delà de la communauté scientifique. Les premières traces écrites remontent au IIᵉ millénaire avant J.-C., dans la cité d’Ougarit, située sur le territoire de l’actuelle Syrie. Lorsqu’elle se produit en plein jour, « on voit que cela perturbe le rythme des personnes et des animaux : le silence s’installe. Cela ne dure que quelques minutes au maximum, mais c’est impressionnant », souligne le chercheur.

Si l’éclipse ne sera que partielle en France, les scientifiques attendent toujours le retour de ce phénomène cyclique pour étudier des régions du Soleil habituellement difficiles à observer. Quand la lune occulte complètement le Soleil – les deux astres présentent à peu près la même taille dans le ciel, bien que le Soleil soit environ 400 fois plus grand que la Lune et également près de 400 fois plus éloigné de la Terre – il devient possible d’étudier des éléments impossibles à voir en temps normal.

Parmi ceux-ci, la couronne solaire, les grains de Bailly, ces derniers rayons du Soleil qui traversent les reliefs du bord lunaire, ou encore l’anneau de diamant, le dernier éclat lumineux visible juste avant l’occultation totale.

Figure 2: Présentation de Mustapha Meftah, 2026.

 

La découverte de l’hélium et la validation de la théorie de la relativité d’Einstein

Parce que les éclipses totales masquent le rayonnement intense du disque solaire, les scientifiques ont réalisé des découvertes sur la composition chimique du Soleil, l’activité de la couronne et l’existence de l’hélium. En 1919, l’éclipse a permis de tester la déviation de la lumière et la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein.

Comme le rappelle Mustapha Meftah, « il est strictement interdit de regarder l’éclipse sans lunettes de protection ». Celles-ci doivent être certifiées conformes aux normes européennes en vigueur. Il est également recommandé de ne pas réutiliser des lunettes ayant déjà servi, car le filtre de protection se dégrade.

La prochaine éclipse solaire aura lieu le 2 août 2027 et passera dans les cieux de l’Afrique du Nord.

Pour en savoir plus

Contacts
Mustapha Meftah, LATMOS-IPSL • mustapha.meftah@latmos.ipsl.fr

Daniel Peyronel


ICOM-IPSL