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Rencontre-débat

Science et décision publique : comment peser ?

À l’heure des grandes mutations et des crises climatiques, sanitaires, sociales et politiques, la décision publique a plus que jamais besoin des sciences. Le monde académique, entre savoirs experts et savoirs critiques, a un rôle essentiel à jouer dans la transformation des savoirs en capacités d’action.

       

Date de début 01/06/2026 10:00
Date de fin 01/06/2026
Organisateur Sorbonne Université en partenariat avec le Monde

Description

Comment renforcer le poids de la science dans les transformations du monde et en particulier dans la décision publique ?
Comment rendre l’expertise scientifique plus audible, percutante et influente ?
Comment concilier le temps long de la recherche et l’urgence de l’action politique, la complexité de la science, la médiatisation des enjeux et la lisibilité de la décision publique ?
Comment traduire des résultats scientifiques en recommandations et leviers d’actions ?

Autant de questions qui seront abordées lors de ces rencontres entre acteurs scientifiques, institutionnels et politiques. Tables rondes, ateliers, débats et études de cas ouvriront un espace de dialogue entre scientifiques et acteurs publics. L’ambition : mieux comprendre les attentes réciproques, partager les retours d’expérience et faire émerger des leviers concrets pour progresser collectivement dans l’appréhension de cette question : comment peser ?

 

 

Programme

10h-13h : Matinée de sessions plénières

 

Accueil
Pierre-Marie Chauvin, vice-président Arts, sciences, culture et société de Sorbonne Université, et Laurent Petit, chargé de mission Expertise, médias, société, dans le cadre du projet SOUND de l’Alliance Sorbonne Université [*].


 

Grand Témoin : Comment s’organise le conseil aux gouvernements à l’étranger ?
Rémi Quirion, neurologue, scientifique en chef auprès du gouvernement du Québec, et président de l’International Network of Gouvernemental Advice (INGSA).


 

Interventions : Comment l’expertise scientifique est considérée par les pouvoirs politiques en France et en Europe ?
Prises de parole aux niveaux européen, national et parlementaire : informations à venir


 

Table-ronde : Faut-il renouveler la manière de produire de l’expertise scientifique ?

Celia Gautier, fondatrice et directrice d’Expertise Climat, association d’intérêt général, dont l’objectif est de renforcer la place des faits scientifiques dans le traitement médiatique de tous les enjeux environnementaux.
Valérie Masson-Delmotte, paléo-climatologue à l’Institut Pierre-Simon Laplace, ex-présidente du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Nirmala Séon-Massin, directrice de l’expertise scientifique du Muséum national d’histoire naturelle.

Animation : Laurent Simon, journaliste de TheMetaNews, le journal à destination des acteurs de la recherche.

 

13h-14h – Pause déjeuner buffet

 

14h-16h : Sessions parallèles thématiques

Le principe de ces sessions est d’échanger des retours sur expériences et de susciter des recommandations sur la manière de produire et transmettre une expertise scientifique.

S’engager en politique
Militer au sein d’un parti, se présenter aux élections municipales, législatives ou européennes, voire exercer des fonctions gouvernementales : l’engagement politique constitue un levier direct pour défendre ses convictions et peser sur l’action publique. Mais pour un chercheur, il implique aussi souvent un sacrifice au regard du temps et de l’énergie que nécessite la carrière scientifique. Comment cet engagement se traduit-il concrètement ? Quelles contraintes, quels équilibres et quelles responsabilités spécifiques suppose-t-il ? En quoi l’entrée en politique d’un chercheur diffère-t-elle de celle de tout autre citoyen ?

Yves Charpak, épidémiologiste diplômé de Sorbonne Université, chercheur en santé publique (Institut Pasteur, OMS), maire de son village et membre du bureau de l’association Élus, Santé Publique et Territoires (ESPT).

Animation par Laurent Simon, journaliste à TheMetaNews.


 

Co-construire une politique publique
À travers les sciences participatives et le tiers-secteur de la recherche, des chercheurs partagent leurs méthodes tout en s’ouvrant aux savoirs, aux expériences et aux compétences des citoyens. Ils s’inscrivent ainsi dans des dynamiques collectives visant à co-construire des solutions adaptées aux enjeux contemporains. Quels résultats ces démarches permettent-elles d’atteindre ? Quelles compétences spécifiques les chercheurs développent-ils dans ces pratiques à l’interface entre science et société ?

Marie Ducellier, post-doctorante SOUND* au GEMASS (Groupe d’Étude des Méthodes de l’Analyse Sociologique de Sorbonne université), travaille sur la contribution des sciences et recherches participatives aux transitions écologiques et sociales. Elle exposera des études de cas qui impliquent des collectivités territoriales à l’échelle d’une métropole et d’une commune.

Animation par Stéphanie Bost, coordinatrice de l’Alliance science et société (ALLISS) dont le but est de développer les coopérations entre le tiers-secteur de la recherche et l’enseignement supérieur et de recherche.


 

Faire aboutir une expertise scientifique
Produire une expertise scientifique ne suffit pas : encore faut-il parvenir à la faire cheminer jusqu’à la décision et à l’action publiques. C’est sans doute l’étape la plus exigeante – et la plus chronophage – du travail d’expertise. Quelles pratiques inspirantes peuvent favoriser une traduction effective des savoirs en action publique ?

Nathalie de Noblet-Ducoudré, directrice de recherche CEA au LSCE-IPSL et co-coordinatrice du GREC Francilien, et Valérie Lilette, cheffe de projet du GREC Francilien témoigneront de la façon de travailler avec les élus et les agents des collectivités locales. Elles évoqueront « Paris à 50 °C », un travail mené en collaboration avec les services de la Mairie de Paris sur la gestion d’une éventuelle canicule à 50°C (à échéance de 30 ans).

Animation par Glen Millot, coordinateur de l’association Sciences citoyennes, qui a pour objectif de faire entrer les sciences en démocratie.


 

Influer sur la politique de l’Europe
L’Union européenne compte un grand nombre d’acteurs d’influence : entreprises et fédérations professionnelles, cabinets de conseil, ONG… tous cherchent à faire entendre leur voix auprès des institutions européennes. Créé en 2011, le registre de transparence de l’Union européenne n’a cessé de s’étoffer, dépassant les 16 000 organisations inscrites en 2025. Dans ce paysage complexe, quelle place occupe la communauté de la recherche académique ? Quelle est sa capacité réelle d’influence ? Et par quelles autres voies les sciences peuvent-elles peser dans les processus décisionnels européens ?

Intervenants à venir.


 

Participer aux négociations multilatérales
Depuis la première conférence des Nations unies sur l’environnement, tenue à Stockholm en 1972, les enjeux écologiques se sont imposés au cœur des négociations et des traités internationaux, avec des effets inégaux sur les cadres juridiques nationaux et internationaux. Dans ce contexte, par quels mécanismes la communauté académique parvient-elle à peser dans ces négociations internationales complexes ?

Marie-France Dignac, chimiste à l’INRAE spécialiste des pollutions plastique, Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris (IEES-Paris), membre de la Coalition des chercheurs pour un traité efficace sur les plastiques.

Animation par Luc Allemand, coordinateur de The Earth Humanity Coalition, structure qui coordonne la Décennie internationale des sciences au service du développement durable 2024-2033.

 

16h-17h : en plénière, conclusion de Rémi Quirion puis moment informel autour d’un café et une collation.

 

Pour en savoir plus

Le séminaire « Expertise scientifique : comment peser dans le débat public ? » a été initié par Laurent Petit, chargé de mission « Expertise, médias, société » dans le cadre du projet SOUND de l’Alliance Sorbonne Université. Il se donne pour ambition de proposer des actions en vue de donner du poids à l’expertise scientifique.

La première saison du séminaire, en 2024, a conduit à s’interroger sur le statut de l’expert scientifique et à tenter de comprendre les modes opératoires, complexes et souvent masqués, des « industries de l’influence ».

Pour la deuxième saison, en 2025, les échanges s’inscrivaient dans l’actualité de « l’Année de la Mer » et ont conduit à une série de propositions d’actions, dont certaines sont en cours (des formations à la médiation scientifique, une base de contacts d’experts pour les médias, des kits pédagogiques et des actions de sensibilisation auprès des jeunes publics), et d’autres sont à engager, notamment une interface science / politique, qui pourrait émerger de cette édition de 2026.

Un événement soutenu par SOUND

« SOUND – pour un nouvel engagement » est un projet de l’Alliance Sorbonne Université financé par France 2030 du programme ExcellencES. Il a pour principal objectif d’accompagner les communautés de l’Alliance vers un engagement plus fort en direction de la société, notamment auprès de publics externes comme ceux désignés sous le vocable de « décideuses et décideurs ».

Informations supplémentaires

Sorbonne Université – Campus Pierre et Marie Curie
4, place Jussieu 75005 Paris
Amphi 25, et dans les salles du Centre international de conférences de Sorbonne Université (CICSU)
Accès libre, sur inscription