Températures à la surface de la Terre : de nouveaux records ont été battus en France en 2025


Les températures mesurées en France en 2025 ont battu de nouveaux records d’après les observations fournies par le sondeur français IASI embarqué à bord du satellite Metop. En particulier quand la température est celle de la surface terrestre, qui est le meilleur indicateur pour suivre l’évolution du climat. Contrairement aux données météorologiques plus classiques qui mesurent la température à une altitude de 2 mètres, les observations fournies par ce sondeur atmosphérique fournissent les mêmes mesures que si on plongeait un thermomètre directement dans le sol ou dans l’eau. Et ceci sur terre et sur mer, avec une précision qui dépasse 0,1°C.

Température de surface IASI de 2008 à 2025 - France. D. R.

Température de surface IASI de 2008 à 2025 – France. D. R.

 

 

Comment expliquer cette augmentation continue alors que les inventaires d’émission de CO2, qui est le principal gaz à effet de serre émis par les activités humaines, montrent une baisse régulière en France ? Comme le CO2 reste plusieurs dizaines d’années dans l’atmosphère, même si les émissions baissent en France, grâce aux efforts pour brûler moins de combustibles fossiles, il faudra encore attendre avant de voir les concentrations de CO2 baisser dans l’atmosphère.

 

 

Emissions de CO2 en France (territoriales) - 2008 à 2024 (Our World in Data). D. R.

Emissions de CO2 en France (territoriales) – 2008 à 2024 (Our World in Data). D. R.

 

 

En revanche, si on regarde la Terre en entier, en moyennant les observations depuis le pôle Nord jusqu’au pôle sud, le record de 2023 n’a pas été battu. En effet, le phénomène El Niño qui réchauffe l’océan atlantique El Nino a une influence importante sur les températures globales, les années El Niño sont plus chaudes et à l’inverse les années La Niña sont plus froides.

 

 

Température de surface IASI de 2008 à 2025 [90S:90N) D. R.

Température de surface IASI de 2008 à 2025 [90S:90N) D. R.

 

Pour comprendre l’évolution récente des températures il faut tenir compte de phénomènes naturels, comme les variations d’insolation solaire, la présence d’éruptions volcaniques importantes, et le phénomène El Niño. À ceci il faut rajouter la contribution anthropique, liée à l’accumulation des gaz à effet de serre. En 2025, le soleil était à son pic d’activité sur son cycle d’environ 11 ans, il n’y a pas eu d’éruption volcanique suffisamment intense pour refroidir l’atmosphère, et c’est une période neutre par rapport à El Niño/La Niña. Par contre les concentrations en gaz à effet de serre ne baissent pas encore, malgré les efforts de nombreux pays pour faire baisser les émissions. Ce qui explique quand on additionne tous ces facteurs, on observe que l’année 2025 a été la deuxième plus chaude depuis que le sondeur IASI vole.

La mission IASI, embarquée sur le satellite européen Metop, surveille l’atmosphère depuis plus de 18 ans. La stabilité de l’instrument au cours du temps est impressionnante, ce qui lui confère le statut de référence pour les autres sondeurs de la même famille. Le satellite passe partout et mesure la température à la surface de la terre lors de son passage du matin vers 9h30 et idem le soir vers 21h30. Les données sont disponibles en ligne https://iasi-ft.eu/products/skt/, pour permettre à qui le souhaite de faire des moyennes de températures, et surveiller l’évolution de la température de la surface de la terre n’importe où. La continuité des mesures pour les 25 prochaines années est assurée par son successeur, l’instrument IASI-nouvelle génération (IASI-NG), qui a été lancé au mois d’août par Ariane 6, et qui prendra le relais pour fournir de nouvelles données sur la température et les concentrations des gaz présents dans l’atmosphère dès 2026. Une période de recouvrement de au moins 2 ans est prévue, pour « calibrer » les instruments et vérifier qu’ils observent bien les températures partout avec la même précision.

 

Pour en savoir plus

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Cathy Clerbaux, LATMOS-IPSL •

Cathy Clerbaux


Laboratoire Atmosphères, Observations Spatiales - LATMOS-IPSL