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Actualités scientifiques

Le ciel doré de Nantes ce lundi. Photo Ouest-France Franck Dubray

Lundi 16 octobre 2017. Les habitants de la côte atlantique française, de Bretagne en particulier, ont passé la journée dans une curieuse lumière et sous un ciel sépia de couleur orangée. Cette ambiance digne d’un film de science-fiction était due en partie à de grosses quantités de poussière de sable arrachées du Sahara, et en partie aux nuages de fumée qui proviennent des feux au Portugal et transportées jusqu’à nos latitudes, notamment par les vents violents provenant de l’ouragan Ophélia. Ce phénomène, pas si courant sur nos contrées, a été observé à 50mn d’intervalle par les deux sondeurs infrarouge IASI volant à bord des satellites METOP-A et METOP-B dédiés à l'observation météorologique et à l'étude de l’atmosphère terrestre. Des estimations de l’épaisseur optique et du monoxyde de carbone (CO) sont effectuées quotidiennement et en quasi temps réel (J-1) dans les laboratoires de l’IPSL.

Une étude internationale montre que les éruptions volcaniques stratosphériques peuvent déclencher des événements El Niño dans le Pacifique. Les chercheurs ont identifié pour la première fois les mécanismes physiques à l’œuvre : le refroidissement de la surface du continent africain, qui diminue l’intensité de la mousson et provoque une « anomalie de chaleur » à l’origine d’un coup de vent d’Ouest responsable du déclenchement d’El Niño.

Les températures estivales ont battu des records historiques cet été dans la région euro-méditerranéenne, en moyenne comme en pointe. En combinant de grands ensembles de simulations numériques et les observations disponibles, des chercheurs ont conclu que les températures record de l'été 2017 ont désormais 10 fois plus de chances de se produire, voire davantage, que si les concentrations de gaz à effet de serre n'avaient pas été modifiées par l'homme.

Grâce à une récolte de données inédites, une équipe de chercheurs a observé et expliqué une diminution significative des précipitations neigeuses à proximité du sol sur les régions côtières de l’Antarctique. Celle-ci serait due aux vents catabatiques qui sublimeraient les flocons de neige avant qu’ils ne puissent atteindre le sol. Cette diminution va avoir une incidence sur l’estimation du bilan de masse de la calotte glaciaire et donc de la hausse ou la baisse du niveau des mers.

Le protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone stratosphérique a conduit, depuis la fin des années 90, à une diminution significative des concentrations des gaz halogénés d’origine industrielle, responsables de la dégradation de la couche au cours des décennies précédentes. L’analyse conjointe de mesures et de résultats de modèle réalisée par une équipe internationale montre que, comme prévu, la reconstitution de la couche d’ozone a bien lieu, mais qu’elle est encore largement masquée par la variabilité naturelle, principalement d’origine dynamique, dans la plupart des régions du globe. Les signes manifestes de ce rétablissement se trouvent dans la haute stratosphère et, dans une moindre mesure, en Antarctique. À plus long terme, le devenir de la couche d’ozone va de plus en plus dépendre des émissions des gaz à effet de serre.

La matière organique découverte massivement dans le noyau de la comète “Tchouri” par la sonde Rosetta n'aurait pas été fabriquée au moment de la formation du système solaire, mais auparavant, dans l'espace interstellaire. C'est la théorie avancée par deux chercheurs français, dans un article publié le 31 août 2017 dans MNRAS.

Il neige la nuit sur Mars et les chutes de neige sont particulièrement rapides, associées à de violentes tempêtes. C'est la surprenante conclusion d'une étude menée par une équipe de planétologues français et américains. L'identification de ce nouveau phénomène permet d'expliquer d'énigmatiques observations depuis l'orbite et le sol de la planète Mars, et donne une nouvelle vision, bien plus dynamique, des nuages d'eau sur cette planète.

Une série de trois articles sur les outils spatiaux et terrestres pour étudier l'exobiologie vient d'être publiée dans un numéro spécial de Space Science Review. Des chercheurs de l'IPSL y ont contribué.

Rendues publiques lors de la COP 21 en décembre 2015, les contributions volontaires des États en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre permettraient de limiter le réchauffement à 3°C en 2050 par rapport au climat préindustriel. Une équipe associant des chercheurs de différents instituts français a quantifié l'impact de ces émissions et d'un réchauffement mondial de +3°C sur la qualité de l'air en Europe. Ils montrent que dans un tel scénario, l’amélioration de la qualité de l'air obtenue en Europe grâce aux efforts des dernières décennies serait annihilée par les conséquences du réchauffement.

La version 2.0 de la base de données de paléotempératures du groupe de travail PAGES2k, un outil essentiel de la reconstruction et de  la modélisation du climat des deux derniers millénaires, est publiée en ligne cette semaine. C'est à ce jour la version la plus ouverte, complète et détaillée de l'ensemble des données PAGES2k. Elle constitue une ressource importante pour les chercheurs qui travaillent sur le climat et son évolution depuis le début de notre ère.