Portrait de Sakina-Dorothée Ayata

Le plancton marin, ces organismes vivants qui se laissent porter par les courants, n’a cessé d’attiser la curiosité de Sakina-Dorothée Ayata. Après une licence en biologie et une licence en informatique à l’École Normale Supérieure à Paris, elle intègre un master interdisciplinaire en sciences du vivant. Aujourd’hui maîtresse de conférences en écologie marine à Sorbonne Université et chercheuse au Laboratoire d’Océanographie et du Climat (LOCEAN-IPSL), elle s’intéresse à la distribution du plancton à l’échelle globale.
Au quotidien, Sakina-Dorothée étudie à la fois la diversité du plancton et les facteurs qui l’influencent. « Les approches sont différentes mais en général, je suis souvent derrière mon ordinateur à modéliser, simuler des distributions, analyser des données…, » explique-t-elle. La phase d’analyse des résultats intervient principalement au retour des campagnes en mer car il est difficile de dégager du temps pour ce travail en pleine mission, que ce soit au large ou à proximité des côtes.
Plancton en vue
Sakina-Dorothée évoque notamment une mission à bord d’un petit chalutier baptisé « Côte de la Manche », lors de laquelle elle a passé plusieurs semaines en mer à collecter du plancton sur différentes stations au large de la Bretagne. « Avec un planning de travail très précis et bien rempli, nous récoltons à chaque station le plancton grâce à des filets, des pompes et on utilise une sonde CTD pour caractériser l’environnement. » Cet instrument permet de caractériser l’environnement physique de la colonne d’eau en fonction de la profondeur étudiée. À bord, seules les données issues de cette sonde peuvent être analysées directement.
Lors des temps de transit ou au mouillage, les scientifiques observent parfois les petits animaux planctoniques à l’aide d’une loupe binoculaire. Toutefois, faute de temps, la majorité des échantillons est conservée dans des bocaux remplis de formol, en vue d’analyses ultérieures.
Au-delà de son activité de chercheuse, elle endosse également un rôle de médiatrice scientifique. Titulaire de la chaire de médiation scientifique de l’Institut Universitaire de France (IUF), elle a lancé le projet Médiation Plancton à destination des élèves d’écoles maternelles. « J’aime pouvoir leur faire découvrir le monde et si je peux ajouter quelques notions de biodiversité et de réseau trophique, c’est encore mieux, » confie-t-elle.