Portrait de Yannis Cuypers

Yannis Cuypers est enseignant-chercheur au Laboratoire d’Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN-IPSL), spécialisé dans l’étude des phénomènes à petites échelles et sur des temps courts. Il s’intéresse notamment à la turbulence, aux ondes et aux tourbillons dans l’océan pour comprendre comment ces phénomènes transportent chaleur, salinité, nutriments et comment ils influencent la vie du phytoplancton.
« J’ai réalisé un cursus scolaire assez classique : une licence de physique à Sorbonne Université, un diplôme d’études approfondies (DEA) en dynamique des fluides et transfert, avant d’entreprendre une thèse, » précise-t-il. C’est lors de son post-doctorat à l’École des Ponts et Chaussées qu’il découvre son intérêt pour le milieu aquatique, en commençant par l’étude des lacs, notamment celui du Bourget.
Des lacs aux océans
« Les questions de mouvement, de dynamique des fluides sont très similaires à ce qui se passe dans l’océan, » souligne-t-il. Yannis rejoint alors le Laboratoire d’Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN-IPSL) et participe à de nombreuses expéditions océanographiques afin d’y mesurer les turbulences.
La transition entre les lacs et l’océan ne va toutefois pas sans difficultés, notamment sur le plan instrumental. Le Velocity Microstructure Profiler (VMP) est l’un des dispositifs utilisés en mer : il mesure de très faibles variations de vitesse afin de caractériser les turbulences sous l’eau. Particulièrement sensible, cet instrument doit être déployé en chute libre et ne pas subir de perturbations mécaniques liées au câble qui le relie au navire, sous peine d’altérer les mesures.
« Le câble reliant l’instrument au bateau ne doit pas être mis sous tension, ce qui complexifie la tâche lorsque nous sommes en mer. C’est dans ces moments-là que l’on prend conscience des courants extrêmement variables, tant en direction qu’en profondeur, » explique-t-il.
Entre le risque de sectionner le câble avec l’hélice, les contraintes de tension et les fluctuations de l’eau, chaque déploiement exige rigueur et coordination.
Comment obtenir des données fiables avec un appareil aussi délicat ? Grâce à une communication constante avec l’équipage et beaucoup de sang-froid. « Même si cette mesure n’est pas la plus évidente, ce n’est pas la plus courante en océanographie » conclut Yannis.