Campagne Amaryllis-Amagas : Dans les coulisses d’une campagne


Après avoir suivi l’aspect scientifique de la campagne, découvrez maintenant les coulisses de la vie à bord du Marion Dufresne.

Pratiquer une activité sportive

Comment garder la forme sur un navire ? C’est la question que beaucoup se posent. Il y a bien les coursives, les escaliers, la manutention mais si besoin d’efforts physiques supplémentaires il y a une solution : à l’étage H se trouve une petite salle de sport équipée de vélos, tapis de course, stepper et machine de musculation. C’est l’endroit où les habitués se retrouvent, selon le quart auquel ils appartiennent. « À faire le hamster sur le vélo, je m’ennuie vite », me confie l’un d’eux, « j’en profite pour écouter des podcasts et me cultiver sur les sujets de société ». D’autres préfèrent échanger tout en s’entraînant et les conversations prennent un tour plus intime : famille, anecdotes, goûts littéraires, cinéma, choix de vie, hobbies. Autre solution : descendre dans le ventre du navire et découvrir dans une cale un court de badminton de fortune, un panier de basket, une table de ping-pong. Les mouvements du bateau ou la houle rendent les trajectoires parfois aléatoires. En cas de frustration il y a aussi un sac de frappe. L’atmosphère est lourde, la cale n’est pas climatisée. Marins, équipage ou scientifiques, c’est ici que l’on peut rencontrer entre deux quarts les passionnés de basket, fans de NBA…

 

Séance sports collectifs. Crédit : Anaïs Duhayon

Séance sports collectifs. Crédit : Anaïs Duhayon

 

Décompresser et moments convivialités

Pendant que les moteurs tournent, que chacun est à son poste et que les équipes de quarts s’occupent du traitement des carottes, ceux qui sont de repos se retrouvent régulièrement au forum. C’est l’endroit où l’on peut se détendre, échanger sur des sujets scientifiques ou pas, faire une partie de fléchettes, de baby-foot ou de Cluedo. Le soir le forum se transforme en bar.

Vue sur le forum. Crédit : Anaïs Duhayon.

Vue sur le forum. Crédit : Anaïs Duhayon.

 

La cérémonie du « baptême » des néophytes franchissant la ligne de l’équateur sur un navire est un moment convivial, l’occasion pour tous de relâcher la pression à la fin de la campagne. Ce rite ancien que l’on fait remonter à Vasco de Gama, est organisé par les « chevaliers », ceux qui ont déjà passé la ligne, mais interdiction de divulguer le contenu de la cérémonie. A l’issue de celle-ci, chacun obtient un certificat de baptême qu’il suffira de montrer lors d’une prochaine traversée de la ligne de l’Équateur.

 

Cérémonie du passage de la ligne. Crédit : Anaïs Duhayon

Cérémonie du passage de la ligne. Crédit : Anaïs Duhayon

 

Assurer la restauration

Étage D, sous la salle de restauration, les cuisines. Tout un univers de réfrigérateurs, ustensiles et surfaces en aluminium. Ici, ils sont cinq, tous originaires de Madagascar, à concevoir et cuisiner les trois repas quotidiens pour 60 personnes : 1 chef cuisinier, 2 seconds, deux aides, auxquels il faut rajouter un barman et un garçon. Les cuisiniers ne travaillent pas en quarts, ils sont de service de 7h à 13h, puis de 16h à 21H. Mais cela peut varier : le préposé au petit-déjeuner par exemple commence à 4H30. Roger, le chef, est sur le Marion Dufresne depuis 1992. Il a eu le temps de s’habituer aux spécificités de la cuisine sur un navire : « je prépare mes menus une semaine à l’avance » explique-t-il, « mais ils peuvent changer suivant les conditions : par exemple s’il y a du mauvais temps, je vais éviter les potages, même s’ils étaient au programme ».

Il faut aussi gérer les goûts des passagers : « sur cette campagne il y a 14 végétariens, une intolérance aux produits laitiers et une aux fruits de mer, il faut prévoir des menus spéciaux ». La nourriture est principalement achetée lors des escales et stockée dans les grands réfrigérateurs réglés à des températures différentes : le fromage par exemple, disponible à presque tous les repas, fait l’objet d’un stockage spécial à 4 degrés. Jerry est en charge du petit déjeuner et du bon déroulé de l’arrivée des plats : « pour que les assiettes arrivent toutes bien chaudes au même moment, il faut bien s’organiser » détaille-t-il. « On sait que c’est important que les gens mangent bien à bord, on est là pour leur faire plaisir. Et puis attention, on a la réputation du Marion Dufresne à défendre, il faut être à la hauteur ! ».

 

Interview des cuisiniers par Patrick Chompré. Crédit : Anaïs Duhayon

Interview des cuisiniers par Patrick Chompré. Crédit : Anaïs Duhayon

 

À la rencontre du passé…

Le navire porte aussi les traces de ceux qui y ont séjourné par le passé. Il arrive que l’on tombe ainsi sur un dessin d’Emmanuel Lepage, auteur de bande dessinée, dans la salle des machines ou sur la porte du forum.  Emmanuel avait embarqué en 2010 pour faire la rotation dans les TAAF, les Terres Australes et Antarctiques Françaises. Il en avait tiré un récit de voyage et s’était donc pris à dessiner à même les cloisons du Marion Dufresne. En 2021, il est le premier auteur de bande dessinée à être nommé peintre officiel de la Marine !

Dessins réalisés sur les portes du Marion Dufresne par Emmanuel Lepage en 2010. Crédit : Anaïs Duhayon

Dessins réalisés sur les portes du Marion Dufresne par Emmanuel Lepage en 2010. Crédit : Anaïs Duhayon

Dessins réalisés sur les portes du Marion Dufresne par Emmanuel Lepage en 2010. Crédit : Anaïs Duhayon

 

 

Pour en savoir plus

Source
Amaryllis

Patrick Chompré


Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE - IPSL) & Laboratoire GEOPS-IPSL