100 ans de mesures de la colonne totale d’ozone
Le samedi 25 juillet 2026, la Suisse fêtera les 100 ans d’une série d’observations de la colonne totale d’ozone. La cérémonie aura lieu à Davos (Suisse) et elle célèbrera la plus longue série continue au monde de mesures d’ozone atmosphérique. La colonne totale d’ozone représente le contenu d’ozone présent dans toute l’atmosphère au-dessus d’un point. Le fait de collecter de façon continue des observations sans interruption majeure, de 1926 jusqu’à aujourd’hui, est une réussite exceptionnelle qui fait de cette série de mesures d’un composé atmosphérique une série de référence unique à l’échelle mondiale.
Cette série centenaire de mesures a été initiée à Arosa (Suisse) en 1926 par le professeur Paul Götz, motivé par la nécessité de comprendre l’influence du rayonnement ultraviolet solaire sur la santé humaine et le climat. Elle a ensuite permis de documenter la variabilité de la couche d’ozone et en particulier son appauvrissement à la fin du 20e siècle sous l’effet des activités humaines. Cet appauvrissement a été enrayé par le Protocole de Montréal signé en 1987 et qui oblige les États signataires à éliminer progressivement la production et l’utilisation de substances appauvrissant la couche d’ozone, telles que les chlorofluorocarbures (CFC). Ratifié universellement, le Protocole de Montréal est considéré comme l’accord international sur l’environnement le plus réussi.
Le premier instrument utilisé pour mesurer la colonne totale d’ozone à Arosa était un spectrophotomètre Fabry-Buisson. Cet instrument optique historique a été conçu par les physiciens français Charles Fabry et Henri Buisson. Il a permis de découvrir en 1913 l’existence de la couche d’ozone dans l’atmosphère. Par la suite, les limites liées à l’utilisation de plaques photographiques pour enregistrer le spectre solaire ont incité le physicien britannique Gordon Dobson à concevoir le spectrophotomètre Dobson dans les années 1920, avec notamment le remplacement des plaques photographiques par des détecteurs photoélectriques. Les spectromètres Dobson ont constitué au 20e siècle la pierre angulaire de la surveillance de la couche d’ozone par des instruments au sol. Ils sont encore utilisés actuellement dans de nombreuses stations à l’échelle mondiale.
À Arosa, le programme de mesures d’ozone s’est développé au fil des années. D’autres spectromètres Dobson ont été installés, les mesures du profil d’ozone par la méthode Umkehr ont été introduites et en 1988, l’installation d’un nouvel instrument, le spectrophotomètre Brewer a permis d’améliorer encore la précision et la redondance des données. Géré à l’origine conjointement par l’ETH Zurich et MétéoSuisse, le programme a été repris par MétéoSuisse qui a modernisé les opérations en les automatisant, tout en préservant soigneusement l’homogénéité de la série de données.
Pour en savoir plus
À lire : 100 ans de mesures d’ozone total en Suisse
Célébration du centenaire des mesure de l’ozone, le 25 juillet 2026
Mesures de l’ozone chez MétéoSuisse
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