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Actualités scientifiques

Pour la première fois, la distribution tridimensionnelle, dans l’atmosphère, de poussières désertiques a pu être estimée à l’échelle journalière et de manière continue, au-dessus des continents et des mers, uniquement à l’aide des données spatiales. Ce résultat inédit a été obtenu grâce à une nouvelle méthode utilisant les mesures du sondeur IASI dans l’infrarouge thermique. Cette méthode va permettre d’améliorer notre connaissance sur le cycle de vie des poussières désertiques, les processus physiques qui l’affectent et l’impact des poussières sur l’environnement et le climat.

Le SIRTA (Site Instrumental de Recherche par Télédétection Atmosphérique, www.sirta.fr ) situé à Palaiseau et dédié à la recherche sur les nuages et les aérosols, suit en temps réel la vague de chaleur qui est installée actuellement sur Paris et une bonne partie de la France. Cette canicule entraine des températures maximales sans précédent depuis plus d’une décennie : valeurs sous abris dépassant les 39.7°C à Paris-Montsouris, et 6°C de plus que les maximums des 1er juillet des dix dernières années.

L’océan tempère le réchauffement global du climat au prix d’une altération profonde de son fonctionnement physique et chimique, de ses écosystèmes et des services qu’ils fournissent à l’humanité. Regroupés sous le nom «Oceans 2015 Initiative», une vingtaine de chercheurs du monde entier, notamment du CNRS, de l’Iddri et de l’UPMC, publient dans Science une étude qui évalue et compare, pour deux scénarios contrastés d’émissions de CO2, les risques d’impacts sur les écosystèmes marins et côtiers et les services éco-systémiques rendus par les Océans d’ici à 2100. Avec cette analyse du futur des océans, les chercheurs souhaitent alerter les décideurs qui se retrouveront en fin d’année à Paris pour la COP21.

Les concentrations dans l’air du pollen d’ambroisie à feuilles d’armoise, très allergisant, pourraient avoir quadruplé en Europe à l’horizon 2050. Le changement climatique serait responsable des deux tiers de cette augmentation, le tiers restant serait dû quant à lui à la colonisation de la plante, favorisée par les activités humaines. Ces estimations montrent qu’il est aujourd’hui nécessaire de mettre en place une gestion coordonnée de cette plante invasive au niveau européen par un suivi sur le long terme des pollens et une cartographie de la présence des plantes.

Situé sur la côte atlantique australe, l’Henties Bay Aerosol Observatory (HBAO), établi en 2011 par le LISA, la North-West University (Afrique du Sud), et l’Université de Namibie, monte en puissance pour étudier les effets des aérosols atmosphériques sur le climat.

Les régions équatoriales de Titan, la plus grosse lune de Saturne, sont recouvertes par un vaste champ de dunes linéaires se propageant vers l'est. Cette direction est opposée à celles des vents prédits par les modèles climatiques et constitue l'un des grands mystères de Titan. En combinant les résultats d'un modèle régional de nuages de méthane avec ceux d'un modèle climatique global de Titan, une équipe franco-américaine a montré que la formation des dunes devait être contrôlée par de rares tempêtes tropicales de méthane produisant de forts vents soufflant vers l'est et dominant le transport sédimentaire. Ces résultats permettent alors d'expliquer la forme, la direction et le sens de propagation des dunes de Titan et donnent des renseignements sur l'origine du sable les constituant.

Une équipe franco belge de chercheurs vient réussir à traiter pour la première fois en quasi temps réel les données de l’instrument satellitaire IASI pour en extraire des informations se rapportant aux concentrations atmosphériques d’ammoniac, ce qui leur a permis de suivre en continu les émissions d’ammoniac responsables de la forte pollution de ces dernières semaines en Europe. Ces travaux devraient permettre d’améliorer la prévision de tels épisodes de pollution.

Depuis quelques années, la détection de minéraux hydratés a permis de sélectionner des sites d'intérêt où des molécules organiques auraient pu être préservées à la surface de Mars, bien que les conditions environnementales n'y soient pas des plus propices. Il est donc essentiel de savoir si ces minéraux sont susceptibles de préserver des molécules organiques dans les conditions actuelles de Mars. MOMIE est une expérience développée au LISA (Laboratoire inter-universitaire des systèmes atmosphériques) qui permet d’étudier l’évolution de molécules organiques à la surface de la planète.

Aujourd'hui, les nuages sont au centre de questions scientifiques majeures concernant le devenir du climat. Dans un article prospectif publié dans le numéro d'Avril 2015 de Nature Geoscience, les auteurs décrivent une nouvelle initiative (Nuages, Circulation et Sensibilité Climatique) visant à apporter des réponses précises sur la nature des changements à venir en décrivant ce qui apparaît comme des questions aussi importantes pour les sciences de l'atmosphère et du climat que fascinantes intellectuellement, et pour lesquelles des avancées récentes en matière d'observation et de modélisation permettent d'espérer des progrès rapides

Les particules émises lors d’éruptions volcaniques majeures refroidissent l’atmosphère par un effet « parasol », réfléchissant les rayons du soleil. Ces particules volcaniques ont un effet direct assez bref, deux à trois ans, dans l’atmosphère. Pourtant, elles modifient pendant plus de 20 ans la circulation océanique de l’Atlantique nord, qui relie courants de surface et courants profonds, et module le climat européen. C’est ce que vient de découvrir une équipe de chercheurs en combinant, pour la première fois, des simulations climatiques, des mesures océanographiques récentes et des informations issues d’archives naturelles du climat.