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Actualités scientifiques

Pour la première fois, la dégradation des ciments au fil du temps a été traduite par des chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement en termes d’absorption de CO2. C’est un nouveau puits de carbone important, en croissance rapide, qui doit désormais être pris en compte. Les équipes du LSCE ont également mené une analyse de différentes données à l’échelle globale qui a conduit à une estimation du rôle de la végétation et des sols dans la régulation du CO2 atmosphérique près de deux fois plus précise que précédemment.

Les variations passées de l'intensité du champ magnétique terrestre sont reflétées par la production d'isotopes dans l'atmosphère. Des chercheurs français ont ainsi utilisé un isotope tiré des sédiments marins pour retrouver ces crises géomagnétiques sur une durée particulièrement longue. Le béryllium 10 livre ici une frise qui s'étend sur les 850 000 dernières années, au cours desquelles sa concentration fluctue en fonction de l'intensité du champ magnétique terrestre.

Le 6 octobre, dans le cadre du projet SOCLIM (Southern Ocean and Climate) soutenu par la Fondation BNP Paribas, une équipe de scientifiques du CNRS et de l’UPMC a embarqué avec le support de l’Institut Polaire Français sur le Marion Dufresne pour une mission océanographique pour mieux comprendre le fonctionnement de l’océan Austral et son influence sur le climat. L’objectif de cette mission d'un mois est de déployer une nouvelle génération d’instruments pour documenter notamment les échanges de chaleur et de CO2 entre l’atmosphère et l’océan et les mécanismes de stockage/séquestration du CO2.

Grâce à des simulations réalisées à l’aide d’une combinaison de modèles numériques du climat (GCM) et d’un modèle de calottes de glace, deux chercheurs viennent de démontrer que les changements de paléogéographie au cours du Crétacé ont grandement influé sur la possibilité de mise en place de calottes glaciaires sur Terre. Notamment, le développement de calottes de glace au cours du Cénomanien-Turonien apparaît très peu probable, en raison de rétroactions entre l’océan et l’atmosphère liées à la configuration paléogéographique particulière de cet étage géologique.

La colonisation du Groenland, qui a eu lieu durant la période qualifiée d’optimum climatique médiéval, a longtemps été attribuée à la douceur du climat. Pourtant, dans le nord du Groenland, un climat rigoureux régnait qui a provoqué une avancée importante des glaciers autour de l’an 1000 et probablement participé à limiter la colonisation des Vikings au sud du Groenland. C’est ce que vient de démontrer une équipe de chercheurs français et anglais. La baisse des températures au nord du Groenland est vraisemblablement liée aux taches solaires et aux éruptions volcaniques dont l’intensité au cours de l’optimum climatique médiéval a été récemment révisée à la hausse.

MIDAS : Micro-Imaging Dust Analysis System, un microscope à force atomique a été pour la première fois développé et embarqué à bord de la sonde spatiale Rosetta, qui termine actuellement son long rendez-vous avec la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Cet instrument a fourni des images exceptionnelles révélant la structure à très petite échelle des particules solides cométaires.

Quelle est l’origine du colossal glacier d'azote en forme de cœur découvert en 2015 par la sonde New Horizons sur Pluton ? Deux chercheurs LMD ont montré que l'insolation sur Pluton et la nature de son atmosphère favorisent la condensation d'azote près de l'équateur, dans les régions de basse altitude, entrainant une accumulation de glace au fond de Sputnik Planum, un vaste bassin topographique. Grâce à leurs simulations numériques, ils ont également percé le mystère de la distribution particulière des autres types de glaces observées sur Pluton, et de l’abondance de leurs constituants dans l'atmosphère.

Une équipe scientifique internationale impliquant des chercheurs de l’UPEC, des universités d’Orléans, Paris-Sud et Grenoble-Alpes, et du CNRS a détecté de la matière organique de haut poids moléculaire dans les poussières éjectées par le noyau de la comète. Ces résultats, issus de l’instrument COSIMA (Mission Rosetta), sont publiés dans la revue Nature et en ligne le 7 septembre 2016.

S’appuyant sur une synthèse unique de données paléo-climatiques, un groupe international de chercheurs vient de montrer que le réchauffement climatique dû aux activités humaines aurait débuté il y a près de deux siècles, soit au début de la révolution industrielle. En outre, ce réchauffement n’aurait pas débuté de manière synchrone et ne se serait pas déployé au même rythme sur l’ensemble de la planète. Réalisés dans le cadre du programme international "Past Global Changes 2k", ces travaux révèlent l’extrême sensibilité du climat aux perturbations anthropiques.

Les causes du recul record des glaciers de l’archipel des Kerguelen (49°S, 69°E) au cours des dernières décennies viennent d’être dévoilées par une équipe internationale comprenant des chercheurs de quatre laboratoires français. Après une période de stabilité, de 1850 à 1960, les glaciers ont en effet connu une forte diminution de leur volume, qui serait essentiellement due à une sécheresse résultant du réchauffement climatique et du trou d’ozone en Antarctique.