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Carnet de campagne : CALVA-APRES3, un périple en Antarctique (Décembre 2019 – février 2020)

Pendant deux mois, suivez avec nous, Jean-Louis Dufresne (directeur de recherche CNRS au LMD-IPSL - Laboratoire de Météorologie Dynamique ), accompagné de François Forget (directeur adjoint du LMD-IPSL), en mission en Antarctique dans le cadre de la nouvelle campagne de mesures des projets CALVA-APRES3 . Jean-Louis a couvert la mission APRES3 il y a deux ans . Avec François, pour qui l'Antarctique est une découverte, il nous fera découvrir les enjeux de cette seconde phase du projet et, à travers des photos, textes et vidéos, l’envers d'une mission scientifique polaire : la vie sur place, les recherches et leurs objectifs, les instruments, les personnes, les paysages, des anecdotes... Nous vous invitons à nous suivre tout au long de cette aventure qui vous mènera au cœur d’une mission scientifique en milieu extrême. Peut-être éveillera-t-elle en vous de nouvelles vocations ?



La campagne CALVA-APRES3


La campagne CALVA-APRES3 a pour objectif d’enrichir nos connaissances sur la météorologie et sur le bilan de masse de la neige sur la calotte Antarctique, d'évaluer et d'améliorer les modèles atmosphériques et climatiques dans cette région si particulière du monde. Ce programme est sous la responsabilité de Christophe Genthon (LMD-IPSL).


Le plateau antarctique se trouve à une altitude  élevée (de 2 000 à 4 200 mètres), l'air y est très froid (à Dôme C, typiquement -30°C en été et -70°C en hiver) et très sec (typiquement 100 fois moins de vapeur d'eau qu'en France métropolitaine). La différence de température entre la surface et une hauteur de 40 mètres peut atteindre 30°C alors qu'elle ne dépasse pas quelques degrés dans les autres endroits du monde. Ces conditions exceptionnelles permettent d'explorer les phénomènes météorologiques extrêmes et de tester les modèles dans des conditions qui s'écartent de celles généralement rencontrées ailleurs sur Terre. En région côtière, à la station française Dumont D'Urville, les vents sont extrêmes : jusqu'à 320 km/h mesurés en 1972.


L'étude du bilan de masse de la calotte Antarctique s'inscrit dans le cadre de l'étude de l'évolution globale du niveau de la mer. Aujourd'hui la calotte Antarctique stocke une très grande quantité d'eau : si elle fondait en totalité, le niveau des mers s'élèverait d'environ 60 mètres. La neige qui tombe sur le plateau Antarctique est ensuite en partie sublimée (la neige solide change d'état et devient de la vapeur d'eau), en partie soufflé par le vent, le reste s'accumulant pour former la calotte de glace. Toutes ces quantités sont aujourd'hui encore très mal observées et mal modélisées, et on cherche à mieux les connaître.


Ce programme de recherche a démarré il y a une dizaine d'année, avec la mise en place d'instruments de mesures progressivement plus nombreux et précis. L'objectif de cette mission est d'entretenir et d'améliorer le fonctionnement des instruments, d'en installer de nouveaux et de  ramener toutes les mesures qui ont été enregistrées au cours de l'hiver sans pouvoir être entièrement envoyées dans les laboratoires à cause du débit limité des connections internet.




Lundi 2 décembre 2019

Jean-Louis et François sont en route vers  Dumont d'Urville où ils devraient arriver le 6 ou le 7 décembre à bord de l' Aurora Australis , l' Astrolabe ayant subi une avarie récemment. Nous sommes en attente de leurs nouvelles incessamment.


L'Astrolabe est le navire brise-glace construit en 2017 dans le cadre d’un partenariat entre les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), l’Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV) et le Ministère de la défense (Marine nationale (MN). Il assure régulièrement les liaisons entre Hobart en Tasmanie et la base française de Dumont d'Urville, en Terre Adélie.


L'Aurora Australis


L'Astrolabe



Jeudi 5 décembre 2019

Nous sommes à bord du Aurora Australis depuis 4 jours, en route vers l'Antarctique. Le premier iceberg a été rencontré cette nuit et nous devrions atteindre la banquise la nuit prochaine. L'arrivée à Dumont d'Urville est prévue dans 2 jours. Nous devrions y rester 3 semaines, avant d'aller à bord d'un petit avion, à la base de Concordia d'où nous repartirons au bout de 3 semaines pour Dumont d'Urville , pour finalement partir vers Hobart, en Tasmanie, à bord de l'Astrolabe, cette fois. Quant à François, son trajet de retour sera sans doute différent du mien, en passant par la base américaine de Mac Murdo. Ce calendrier pourra être largement modifié en raison de l'avarie de l'Astrolabe.


Pour suivre la progression de l'Aurora Australis, actuellement en mer de Tasmanie https://www.marinetraffic.com/…/m…/vessel:AURORA%20AUSTRALIS



Pour en savoir plus :

Campagne CALVA-APRES3

Projet CALVA-APRES3