A propos de l’importance relative des variations solaires et des gaz à effet de serre dans le changement climatique
Dans deux articles publiés par la revue Climate of the past, des chercheurs de l’IPSL, du Collège de France et de Météo France se sont penchés sur plusieurs publications affirmant que les variations solaires ont un effet comparable aux gaz à effet de serre dans le changement climatique. Sur la base d’une critique de la méthodologie utilisée dans ces publications, ils réfutent les conclusions de leurs auteurs.
Les récents avis émis par les académies des sciences en Australie, en France et en Grande-Bretagne ont montré que les sociétés savantes prêtaient peu de poids aux thèses climato-sceptiques. Parmi celles-ci, il en est une qui veut que les variations solaires aient un poids supérieur aux gaz à effet de serre dans le changement climatique. Une série de publications
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parues dans la revue JASTP est venu récemment étayer cette thèse, avec une grande publicité médiatique.
Des chercheurs de l'IPSL
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, du Collège de France et de Météo-France se sont penchés sur la question et ont publié dans la revue Climate of the Past deux articles de réfutation de ces résultats. Les principaux points de leur argumentation sont les suivants :
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Gaz à effet de serre, soleil, volcanisme peuvent être tous trois considérés comme des forçages du système climatique. Sur la relativement courte période pendant laquelle on dispose d'enregistrements instrumentaux, ces forçages ont varié indépendamment mais parfois de manière fortuitement conjointe. Il faut donc tenir compte de l'ensemble des forçages pour éviter des attributions erronées.
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Les longues séries de températures brutes rendues facilement accessibles sur des serveurs dédiés contiennent de nombreux sauts dus notamment aux multiples changements d'instruments et de localisation dans les stations. Ces sauts peuvent être détectés et corrigés au prix de procédures bien documentées qui nécessitent un travail long et minutieux. S'en affranchir est encore une fois prendre le risque de confondre des artefacts avec un signal réel.
- Les outils statistiques permettent de révéler des relations cachées en extrayant le signal du bruit. Encore faut-il les utiliser de manière appropriée. Ce n'était pas le cas dans les articles réfutés où des erreurs méthodologiques sérieuses ont été détectées, invalidant l'ensemble des résultats.
Ceci ne signifie pas que les variations solaires n'ont actuellement aucune influence sur le climat mais l'effet est faible, d'un ordre de grandeur inférieur à celui de l'augmentation des gaz à effet de serre.
Notes
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Evidence for solar forcing in variability of temperatures and pressures in Europe, J.-L. Le Mouël, E. Blanter, M. Shnirman and V. Courtillot, J. Atmos. Solar-Terr. Phys., 71, 1309-1321, 2009 ;
A solar pattern in the longest temperature series from three stations in Europe, J.-L. Le Mouël, V. Kossobokov, and V. Courtillot, J. Atmos. Solar-Terr. Phys., 72, 62–76, 2010;
Evolution of seasonal temperature disturbances and solar forcing in the US North Pacific, V. Courtillot, J.-L. Le Mouël, E. Blanter and M. Shnirman, J. Atmos. Solar-Terr. Phys., 72, 83-89, 2010 ;
A statistically significant signature of multi-decadal solar activity changes in atmospheric temperatures at three European stations, V. Kossobokov, J.-L. Le Mouël, and V. Courtillot, J. Atmos. Solar-Terr. Phys., 72, 595–606, 2010. - Institut Pierre-Simon Laplace (CNRS, UPMC, UVSQ, CEA, IRD, ENS, Ecole Polytechnique, Université Denis Diderot, UPEC, CNES)
Sources
A critical look at solar-climate relationships from long temperature series, B. Legras, O. Mestre, E. Bard, and P. Yiou, Clim. Past, 6, 745-758, 2010.
Statistical issues about solar climate relations, P. Yiou, E. Bard, P. Dandin, B. Legras, P. Naveau, H. W. Rust, L. Terray, and M. Vrac, Clim. Past, 6, 565–573, 2010.
Contact
Bernard Legras, LMD-IPSL, Tél. : 01-44-32-22-28, courriel : bernard.legras @ lmd.ens.fr






